Graziella Contratto

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2005

UP

             
   

Trois cadeaux pour Mozart

Valence, concert du 16 octobre. Vu sur plumart.com

... Mais qu'est-ce qui les emportait donc tous, dans ce tourbillon du Sturm und Drang? Kozeluch fait songer, dans son allegro et son presto, à quelque disciple du Haydn de la 49e (La Passione…), toujours désireux de dessiner la vitale nécessité des ardeurs et du trouble. Et Graziella Contratto sait à merveille, en souplesse mais rigueur, prendre le pouls de cette fièvre-là, et le faire battre aux yeux de tous. Puis vient le concerto pour clarinette de Mozart, et vient le temps de Michel Portal, toujours entre rauque et tendre, dans "l'admirable tremblement de l'être et du temps" que Chateaubriand désignait comme un état suprême, entre secrète confidence et joyeux éclat de la sonorité. Une interprétation comme celle-là, si respectueusement ombrée ou ensoleillée par un orchestre fasciné, rappelle que la poésie demeure, en musique, au théâtre, par la lecture des oreilles ou des yeux, et alors même qu'on croyait tout savoir de ce concerto et de cet instrumentiste.

Dominique Dubreuil

                 

Trois cadeaux pour Mozart

Marseille, Festival de Saint Victor, le 20 octobre. Vu sur concertclassic.com

Pour ce deuxième concert du 39e festival de St Victor, les organisateurs ont eu l’excellente idée d’inviter le clarinettiste - ou devrait-on dire le musicien accompli - Michel Portal (photo ci-contre) ainsi que l’orchestre des Pays de Savoie. Côté direction, honneur à la gente féminine avec la suisse allemande Graziella Contratto. Soulignons que cette ancienne assistante de Claudio Abbado est la première femme en France à diriger un ensemble orchestral permanent. Le programme proposé en première partie est plutôt inédit avec des compositeurs profondément imprégnés de l’écriture Mozartienne.

La Sinfonia « Veneziana » en ré majeur d’Antonio Salieri rappelle combien l’école italienne aura marqué le 18e siècle. Une élégante exécution de cette œuvre, intéressante pour son unité d’écriture et de ton, par des musiciens attentifs aux moindres gestes de leur chef. Nouveau clin d’œil au génie autrichien à travers Les 5 minutes dans la vie de W.A. Mozart d‘Alexandre Raskatov avec en soliste, le premier violon, Philippe Tournier. Son jeu, vibrant et profond, convient à merveille pour cette pièce insolite, décalée par son écriture même - les cordes en retrait et Contratto qui joue les percussionnistes en jouant sur des set de chimes et de rototom.

Retour à la tonalité mineure avec Kozeluch et la Symphonie en sol mineur. Tutti précis, tension dramatique et justesse dans la nuance, respiration idéale. Une page passionnée d’un réel intérêt. Certes, la ressemblance avec une symphonie de Mozart la dessert quelque peu mais son caractère scolaire ne peut faire penser à un véritable plagiat.

La deuxième partie de cette soirée se prolongeait avec le magnifique Concerto pour clarinette KV 622 de Mozart. Entre ciel et terre, la beauté à l’état pur de cet ultime chef d’œuvre du Maître, éternellement proche de nous, franchit les siècles pour nous rappeler combien l’intemporalité de certaines compositions reste mystérieuse. Dans son registre de prédilection, Michel Portal ne déçut pas, montrant l’étendue de son talent avec une maîtrise des couleurs et des phrasés. Une direction finement menée, à l’Autrichienne, dès l’Allegro : multiples interventions incisives de la part de la phalange de Savoie. L’Adagio fut l’occasion de percevoir toute la sensibilité du clarinettiste, il est vrai mise en lumière par un thème initial beau à faire frémir. Est-ce l’ébauche de cet Eden auquel tant de croyances lumineuses nous renvoient ? La ligne chantante du Rondo Allegro a également séduit par sa légèreté et son entrain espiègle. Notons toutefois l’acoustique réverbérante des lieux qui ne permet pas d’apprécier à sa juste mesure chaque partie de clarinette.

Deux bis tout en confidence pour conclure cette soirée. Tout d’abord, une retranscription d’un quatuor à corde de Tchaïkovski signé Portal, riche en émotions contenues. Un aspect visuel, presque « musique de film », qui n’est pas un hasard, compte tenu des compositions réussies dans ce domaine par Michel Portal. Un 2e bis avec la reprise du 2e mouvement du concerto précédemment donné, ovationné à juste titre par le public Marseillais.

Florence Michel

                 
   

Lyon Figaro, 29 mars 2005

 

Passion selon Saint Jean à la Chapelle Ampère de Lyon

….Là , divers éléments étaient regroupés sous la jeune et enthousiaste baguette de Graziella Contratto, pour une approche « à la moderne » da la longue Passion selon St. Jean.On ne put qu’être séduit par la vivacité, le relief, l’humanité tout à tout passionnée et désolée, que ce chef livra du discours bachien. Et que des beautés développées par les divers pupitres de l’Orchestre des Pays de Savoie, comme transfiguré en quelques années par la fée Graziella !

Gérard Corneloup

   
                 

LE TOUT LYON semaine du 29 au 4 janvier 2005

 

La Savoie fait la fête

L’orchestre des pays de Savoie vient de souffler ses vingt bougies. Son chef, Graziella Contratto, qui préside à ses destinées depuis deux bonnes saisons, a voulu mêler ses prédécesseurs dans une fête vraiment conviviale, loin de toute célébration guindée.

Rencontre-t-on association d’artiste aussi peu soucieux de leur ego, liés par les seules raisons de leur amitié. Ce fut pourtant le cas pour Mark Foster et Patrice Fantanarosa venus partager un programme hors norme avec Graziella Contratto au cours de sept concerts éparpillés sur la région et poussant même des pointes jusqu’à Aoste et Epinal. Point final dans la belle salle du centre Bonlieu d’Annecy où mille auditeurs ravis ont savouré sans retenue une soirée un peu farce de gentiment patchwork où les trois vedettes passaient en toute simplicité du violon ou du piano à la baguette, avec les liaisons malicieuses de la directrice actuelle. Bravo en particulier pour l’audace d’une traversée périlleuse avec Rossini (Ouverture de La Scala di seta) et pour la première Suite du Corregidory la molinera, de Falla aux parfums de nuit andalouse (25 janvier).

Philippe Andriot