Graziella Contratto

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2007

UP

     
 
 

Totale complicité entre Nicholas Angelich et Graziella Contratto pour un Rachmaninov de rêve

« Esquisse d’une âme russe »

Orchestre des Pays de Savoie
Orchestre de Chambre de Genève

Nicholas Angelich, piano
Graziella Contratto, direction

Alexandre Borodine ( 1833-1887), Dans les steppes de l’Asie centrale
Jean Sibelius (1865-1957), Symphonie n°3 en do majeur, op 52, Allegro moderato, Andantino con moto, quasi allegretto, Moderato – Allegro (ma non tanto)
Sergueï Rachmaninov (1873-1943), Concerto pour piano n°2 en do mineur, op 18, Moderato, Adagio sostenuto, Allegro scherzando

L’ambiguïté d’un tel concert est l’association de deux formations « Mozart » de qualités incontestables, ayant chacune leur propre spécificité et ne se regroupant que par intermittence, et d’une chef d’orchestre aux compétences particulièrement affirmées, égale à elle-même, passant de la petite à la grande formation sans aucun souci apparent, et surtout ne changeant en rien sa lisibilité de l’œuvre à diriger.

Graziella Contratto a le souci du détail et de la perfection. Analyste méticuleuse, elle décortique sa partition dans les moindres détails, obtenant de ses musiciens la moindre de ses intentions, dans un calme et une sérénité déconcertantes. Tout est travaillé, conçu et voulu selon son aspiration, trahissant pourtant par moments son inspiration. Musicienne jusqu’au bout des doigts, elle exige la nuance, l’articulation et la respiration. Rarement on a entendu un orchestre d’une telle clarté, même si la disposition scénique – pratiquement à plat – brouille quelque peu les pistes. Graziella Contratto dirige son orchestre symphonique en chambriste, domaine dans lequel elle excelle, laissant volontiers de côté la puissance et l’éclat sonores qu’une telle formation exige, en s’investissant trop peu dans le registre des fortissimo, nous privant ainsi de l’émotion sublime de la toute puissance de l’incandescence des passages de brillance. Mais, elle a su réunir ces deux orchestres en une formation cohérente, attentive et souple à sa volonté, qui place l’union de l’Orchestre des pays de Savoie et de l’Orchestre de chambre de Genève, dans la droite ligne de leurs aînés, et qui laisse à penser que la permanence de cette collaboration fructueuse, pourrait bien en faire un orchestre de région de premier plan.

Le concert de ce dimanche s’ouvrait sur Borodine, avec son œuvre descriptive et pédagogique connue de milliers d’enfants. L’orchestre l’a jouée, toute en nuances avec élan et générosité.

La 3ème symphonie de Sibélius, peut connue du public, n’est pas véritablement un chef d’œuvre. Elle est agréable de temps en temps, ennuyeuse très souvent. Il a fallu tout le talent et la « foi » de Graziella Contratto pour en sortir le meilleur, en jouant sur la finesse des quelques thèmes « romantiques ». Si elle n’a pu convaincre véritablement, elle a eu au moins le mérite et le courage de sortir de l’oubli une œuvre qui aurait peut-être dû… y rester.

Puis vint enfin l’œuvre attendue, le 2ème concerto pour piano de Rachmaninov. Dès les premiers accords, Nicholas Angelich, dans une concentration absolue, montra la simplicité de son talent. Son interprétation, d’une sincérité et d’un naturel déconcertants, a fait oublier de bout en bout la difficulté de la partition. Il s’est attaché a joué ce chef d’œuvre, dans le respect absolu de son ressentiment. Ce fut magnifique et magique. Légèrement couvert par l’orchestre au début du premier mouvement, il a su reprendre l’équilibre nécessaire en totale complicité avec Graziella Contratto, qui a servi le talent du pianiste avec un immense bonheur et une chaleur communicante. Ils ont formé un couple idéal, transmettant une musique passionnée et lyrique avec une ferveur peu commune, dont le soutien sans faille de tous les protagonistes, ne peut qu’être félicité.

Tradition oblige, sous les réclamations du public, Nicholas Angelich est revenu par deux fois pour deux des préludes de Rachmaninov, laissant ses admirateurs dans le plus grand des ravissements.

L’Espace Malraux nous a offert ce dimanche un concert d’une grande beauté, dont la salle archi-comble, prouve, si le besoin en était, que la musique classique n’est pas comme certains le prétendent, désuète et démodée. Il y a un public fervent et passionné pour cet art majeur, trop souvent ignoré. On ne doit pas l’oublier.

Hervé GALLIEN
3 décembre 2007

   
 

"La femme dompteuse d'orchestres"

La cheffe suisse Graziella Contratto joue à Genève avec sa formation. Portrait.


Rares sont les femmes qui ont décidé d'adopter la baguette et ont réussi à s'affirmer en bâtissant une carrière de cheffe. Graziella Contratto en est une.

En France, elle a été la première de l'histoire à prendre la direction d'une formation permanente.

Graziella Contratto est née à Schwyz, non loin du tunnel ferroviaire du Gothard que ses arrière- grands-parents piémontais ont contribué à tracer. C'est une note épique qui marque encore aujourd'hui l'histoire de la famille. Les Contratto continuent à bâtir, comme architectes et ingénieurs. Graziella ne se considère pas comme l'exception de la lignée: «Je suis une architecte aussi, mais dans la musique.» Cette orientation artistique a pris forme sur les bancs du Conservatoire de Lucerne et à Winterthour, où elle obtient la virtuosité en piano. Puis c'est le saut vers une formation plus théorique: «J'ai ressenti le besoin de poursuivre dans une dimension plus intellectuelle. Je voulais me mesurer à l'histoire de la musique et aux structures des œuvres.» A Bâle, le pas vers la direction d'orchestre est franchi avec les cours de Kapellmeister. «La classe comptait beaucoup de filles, signe que quelque chose était déjà en train de changer.»

Les occasions pour mettre en pratique sa formation ne fusent pas. Graziella Contratto enseigne alors l'histoire de la musique à Lucerne et anime des émissions qui proposent aux auditeurs des comparaisons d'interprétation sur les ondes de DRS 2. Des expériences «qui m'ont permis d'acquérir de l'aisance face au public». Et qui vont forger une réputation, aussi. En 1997, Claudio Abbado lui propose le poste d'assistante à la Philharmonie de Berlin. Comment refuser? Le séjour de deux ans dans la capitale allemande est d'une intensité rare: «J'ai passé beaucoup de nuits dans les archives de l'orchestre à annoter à la main les partitions de tous les pupitres. Claudio Abbado n'aimait pas particulièrement parler durant les répétitions. Il préférait que les partitions disent tout sur la manière de les aborder.» Le volume de travail est écrasant, surtout lorsqu'elle a affaire à des ouvrages titanesques comme Tristan et Isolde de Wagner. L'assistante finit par s'épuiser. Du chef italien, elle garde le souvenir de son honnêteté intellectuelle, de sa capacité à transmettre des émotions «sans faire du cinéma».

C'est un cap qu'elle garde aujourd'hui dans son expérience avec l'Orchestre des Pays de Savoie, qui prendra fin en décembre 2008. Et au Davos Festival aussi, qu'elle dirige depuis l'été passé et qui réunit des jeunes artistes. Ici, elle peut expérimenter. Elle met à la carte des concerts sur chaises longues, elle en propose d'autres qui se déroulent comme un pèlerinage. Elle organise pour le public des randonnées avec GPS, ponctuées d'interventions musicales, ou encore des workshops en compagnie de jeunes compositeurs. Et pour le futur, elle espère réaliser un rêve qu'elle caresse depuis dix ans: «J'aimerais faire construire un théâtre d'opéra sur un bateau et faire des croisières lyriques sur le lac des Quatre-Cantons.»

En concert avec l'OPS et l'OCG, di 25 nov. à 17h au Victoria Hall à Genève. (Loc. 0900 552 333 et http://www.resaplus.ch)

Rocco Zacheo
Samedi 24 novembre 2007

Zürcher Oberländer, 24. September 2007

Spanisch-französische Liebesbeziehung

Regula Berger-Hess

Graziella Contratto, international erfolgreiche Dirigentin und Festivalintendantin, unter deren kompetenter Leitung die Camerata Schweiz zuhsehends Format gewinnt, gab vor Konzertbeginn in lockerem Parlando eine Wirkeinführung, die wertvolle Kenntnisse vermittelte. (…) Die inspirierte Gestaltung des Gitarrenkonzerts von Rodrigo durch Christoph Borter vereinte ein hohes Mass an Stilsicherheit, musikalischer Empfindsamkeit und beeindruckender rVirtuosität; Fähigkeiten, die er in der Zugabe von Albeniz bravourös ausspielt.; Dass die klassische Gitarre, verglichen mit anderen Soloinstrumenten filigran im Klang, immer hörbar blieb, geht zu einem schönen Teil auf das Konto des Dirigats. Graziella Contratto leuchtete die vielfältige Klangfarbenpalette der Partitur ohne Spannungsverlust in einem breiten dynamischen Sprektrum detailgenau aus. (..) Zu De Fallas Siete canciones popolares: ob dunkel-geheimnisvoll oder aufreizend-aggressiv, ob leichtfüssig-kokett oder sinnlichleidenschaftlich – die Musikerinnen und Musiker der Camerata Schweiz loteten ihr Potenzial im Stadthofsaal Uster eindrücklich aus und überraschten das Publikum obendrein mit feinen Sololeistungen.

14. August 2007, Neue Zürcher Zeitung

Behutsame Neuerungen

Behutsame Neuerungen

Die 22. Ausgabe des Davos Festival «Young Artists in Concert»

In Davos ist das 22. Davos Festival zu Ende gegangen. Die neue Intendantin, Graziella Contratto, legte vor allem auch Wert auf eine Atmosphäre, die vielfältige Kontakte ermöglichte.

Das Davos Festival «Young Artists in Concert» ist auch in seiner 22. Ausgabe und mit seiner neuen Intendantin, der Schweizer Dirigentin Graziella Contratto, seinen Wurzeln treu geblieben: Junge, hochtalentierte Interpretinnen und Interpreten, welche gerade zum Start für eine internationale Karriere angesetzt haben, wurden eingeladen, gemeinsam Programme zu erarbeiten und zu präsentieren. Dabei wird etwas gewagt, die Konzerte sind meist von ausgezeichneter Qualität, und die Programme haben ein Gesicht, denn sie sind geprägt von der Handschrift der Intendantin. Vor allem aber hat auch das Neue, Aktuelle in Davos seinen Ort; man hat den Eindruck, direkt an der Kreation teilnehmen zu können. Doch gibt es auch behutsame Neuerungen, denn ein bewährtes Konzept soll nicht erstarren. Schon das Programmheft präsentiert sich in einer leicht modifizierten, ansprechenden Erscheinungsform, vor allem aber ist Graziella Contratto aktiv auf ihr Davoser Publikum zugegangen, hat den Kontakt mit den Gästen gesucht und Situationen für eine gute Verständigung geschaffen.

Entdeckungen

So ist das Festival am vergangenen Samstag mit einer Tango-Nacht («Last Night in Buenos Aires») zu Ende gegangen, für welche dem Publikum eigens ein Tanzkurs angeboten wurde. Bei «Happy New Ears» konnte man, mit einem GPS-Kopfhörer ausgerüstet, durch die Davoser Landschaft wandern und sich von einer Klanginstallation von Jan Schacher und Marcus Maeder begleiten lassen. Es gab als «My first», «My second» und «My third Date» anregende Begegnungen mit dem «Composer in Residence», Wolfgang Rihm, der in einem «Young Composers Workshop» auch drei seiner Studenten präsentierte. Contratto selber hat einen Dirigierkurs für Kinder («Little Conductors») angeboten. Und das ganze Festival war unter dem Motto «Love is in the Air» als eine grosse Liebeserklärung an Davos, seine Landschaft und seine Luft konzipiert. Warum allerdings all diese Titel in modisch verharmlosendem Englisch beziehungsweise Amerikanisch sein müssen, leuchtet wenig ein. Gibt es so wenig Vertrauen in die poetischen Möglichkeiten der deutschen Sprache?

Es gab sie allerdings auch, die deutschen Titel: «Nacht und Träume» war ein Programm betitelt, das sich das aus Israel stammende Aviv Quartet und der in den USA lebende Schweizer Pianist Gilles Vonsattel erarbeitet hatten – zwei Entdeckungen. Die Musik von Dmitri Schostakowitsch liegt den Israeli. Welche Farben, welch intensiven Ausdruck fanden sie im 9. Streichquartett Es-Dur op. 117. Da wurde intelligent interpretiert, mit persönlichem Zugriff und mit Gespür für die Ausdruckswerte, welche hinter den Noten stehen. Gilles Vonsattel ist ein Pianist mit grossem Klangsinn und einem feinen Gespür für den improvisatorischen Gestus, den Atem in Claude Debussys «Images II». Grandios, wie er etwa in «Cloches à travers les feuilles» die Spannung zart aufbaute, den Atem und die Klangbalance der einzelnen Klangschichten differenzierte. Problemlos fanden sich die fünf für Antonín Dvoáks Klavierquintett A-Dur op. 81 zusammen, eine Musik, die – so erfrischend gespielt – bestens ins Ohr gleitet.

Starke Präsenz von Wolfgang Rihm

Wolfgang Rihm ist eine starke Persönlichkeit. Wie direkt er auch in den Gesprächen auf sein Publikum zugehen kann, wie raumfüllend seine Präsenz ist, zeigte er in der ihm gewidmeten letzten Festivalwoche. Was er sagt, hat Substanz und ist originell; ein hochgebildeter Mensch mit Temperament, Humor und Sinn für Theatralik. Entsprechend vielgestaltig ist sein reiches Œuvre. Da war in Davos kein Werk zu hören, das gleich wie ein anderes klang. Sprechend-kommunikativ, angriffig und durchaus beethovensch etwa ist die Faktur des ersten Satzes von «Duomonolog» (1968/89) für Violine und Violoncello (ausgezeichnet: Carolin Widmann und Nicolas Altstaedt). Überraschend, wie er in «Akt» (2006) für Mezzosopran und Streichquartett (mit Hildegard Wiedemann und dem amerikanischen Jack Quartet) von einem stark an Morton Feldman erinnernden, minimalistisch verarbeiteten Gestus ausgeht und sich dann doch sachte mit einer eigenen, hintergründigen Kurve weg von diesem Gestus bewegt. Das 7. Klavierstück (1980) wiederum ist blockhaft aggressiv formuliert und insistiert auf höchster Impulsivität. Und das ist Davos: Der Jazzpianist Malcolm Braff antwortete mit einer freien Improvisation auf die Aufführung des Rihm-Klavierstücks und hielt dem Komponisten keck und virtuos den Spiegel vor.

Mit und ohne Risiko

Ein Novum war die Anwesenheit von drei Kompositionsstudentinnen und -studenten, welche für die Davoser Interpreten Werke geschrieben hatten. Man konnte mit dabei sein, wenn ihr Lehrer Rihm ehrlich und konstruktiv Kritik übte, dann auch die Uraufführung der drei Werke erleben. Der Slowene Vito Zuraj ist ein fertiger Komponist mit einem eigenen Ton. Sein Saxofonquartett «Airphones» (mit dem hervorragenden französischen Quatuor Osmose) überzeugt mit einer genau ausgehörten, eleganten Dramaturgie, Farbenreichtum und einer klaren, satten Harmonik. Ihm wäre zu wünschen, dass er sich auch auf «Störungen» in der Musik einlässt. Birke Bertelsmeier vertonte Gedichte von Emily Dickinson für Mezzosopran und kleines Ensemble. Ihr Handwerk ist überzeugend, eine eigene Persönlichkeit spürt man aber kaum: Sie komponiert (noch) das, was man als «normale Neue Musik» bezeichnen könnte – risikolos. Das Risiko reizt indes Johannes Motschmann, der sich auf die schwierige Aufgabe einliess, ein Werk für Jazz-Trio und Streichquartett (Braff/Oester/Rohrer und Jack Quartet) zu schreiben, wofür er überzeugende Lösungen fand. Ein Talent auf bestem Weg, von dem man sich für die Zukunft eine genauere Reflexion von Espressivo-Klischees erhoffen würde.

Alfred Zimmerlin